Renversement de foo(t)s…

•2008, 28 mai • Laisser un commentaire

La ligue des champions, les championnats étrangers viennent à peine de se finir dans l’habituel cortège de célébrations, de larmes, de désillusions, de joies ambigües et de commentaires inépuisables que démarre dans quelques heures un Championnat d’Europe des nations, communément appelé l’Euro, qui va voir s’affronter sur les sols suisses et autrichiens 12 des 16 meilleures équipes du monde. Drôle d’ambiance pourtant à l’heure de connaître au bout du suspens qui va devenir l’heureux successeur des grecs (hé oui…) vainqueurs du Portugal il y a quatre ans à Lisbonne (s’il vous plaît).

Le foot est sans dessus dessous, victime de toutes ses folies: l’argent, la sclérose de ses dirigeants qui ne veulent faire évoluer les règles, la tendance fascisante des supporters, l’argent, la démotivation de joueurs de talents qui ne peuvent jouer car remplaçants des grands clubs, les rythmes effrénés qui détruisent des génies tels que Ronaldo, Ronaldhino, Messi, l’argent, les entraineurs champions de France virés, l’argent, les entraineurs vice champion d’Europe et d’Angleterre virés, l’argent, les batailles et les bras rangés des stades transalpins….

Un des points les plus préoccupants de ce grand n’importe quoi qui régale tant de supporters dominicaux reste les problèmes d’identité des clubs et des nations qu’ils sont supposés représentés.
Le superbe champion d’Europe 2008 des clubs, Manchester United, est bien placé pour le savoir. Plus encore peut être son adversaire défait du jour, Chelsea. 2008 a vu l’arrivée des frères Glaser et leur emprunt de 700 millions d’euros faire passer le capital et une partie de l’identité du premier à des fonds d’investissement américains, en espérant que les Ronaldo, Tevez et consorts leur rendent la monnaie de la pièce. Images révolutionnaires de ce début de saison déjà oublié, les manifestations énormes de supporters mancuniens refusant de céder la plus belle pierre de leur patrimoine au voisin transatlantique. Chelsea est de son côté aux mains de Roman Abramovic, un des principaux actionnaires du géant russe Gazprom. Les millions d’euros issus des relations géopolitiques et de la conjoncture internationale n’ont pourtant pas permis au dandy de la Mer Noire de s’adjuger cette année les deux titres européens après la victoire de son autre club, le Zenith de Saint Petersbourg en coupe de l’UEFA, titre qui associé au titre de champion de Russie propulse dès l’année prochaine la nouvelle génération dorée du foot russe en Ligue des champions où elle pourrait retrouver… Chelsea. A moins d’un tirage au sort favorable digne des demi finales de la Coupe de France.

Cette domination sans partage du foot anglais sur le reste de l’Europe (seul le Barça multinational et surrendetté de Cruyff a joué les troubles fêtes au cours de demi-finales) n’est pas sans cacher la perte terrible d’identité des clubs de la perfide Albion. Arsenal et Liverpool, les deux autres grands de Premier League, sont aujourd’hui constitués de joueurs du monde entier, laissant une part plus que négligeable des places de titulaires aux joueurs anglais.

Drôle de paradoxe donc que de voir l’Angleterre absent du prochain Euro. L’équipe de l’italien Fabio Capello va bel et bien regarder les prochaines joutes européennes à la télévision. Un championnat qui attire toutes les stars, tous les investisseurs, des clubs trustant les titres, du spectacle, des supporters exemplaires et passionnés, des buts à gogo… tout celà en laissant échapper les plus beaux trophées de la couronne football, en laissant à des kilomètres d’euros les autres concurrents de Premier League, en imagineant faire une 39ème journée de championnat à l’étranger (…); Le foot européen marche sur la tête, et fait des sauts de surcroit.

Puisse Michel Platini et l’UEFA rendre à tous ce que si peu veulent s’accaparer. La route sera longue pour l’ancien champion français, à qui les mauvais perdants de l’ancien mandat ont laissé en guise de cadeau de bienvenue empoisonné un terrible Euro 2012 à organiser en Ukraine et en Pologne. Allez Michel, on est avec toi.

Prospective politique_La voie/voix de l’internet

•2008, 12 mars • Un commentaire

En quête d’éthique, la communauté internationale voit les grandes tromperies de l’histoire dépasser tous les moyens de surveillance, de contrôle et de régulation qu’elle arrive politiquement et collectivement à mettre en place. Que l’on se trompe pas sur les intentions. Il est indéniable que certaines erreurs du passé, ces immenses guerres armées issues de volonté totalitaire hyperpuissante, sont aujourd’hui circonscrites dans le cercle flou dessiné à la fois par la diplomatie internationale, la puissance nucléaire et financière, et le lobbying économique. Le grand défi du XXIème siècle reste pourtant et indéniablement dans la recherche et l’organisation collectives de nouvelles visions politiques, cheminements intellectuels et culturels qui permettent de s’insérer dans un processus démocratique humaniste à la recherche systématique de l’intérêt collectif.

Car la politique d’une grande partie des pays de notre monde traverse aujourd’hui des perturbations destructurantes qui remettent toujours plus en cause l’ensemble des schémas depuis longtemps établis et sur lesquels les nations ont fondé leur développement et leur domination. Les exemples sont multiples, petits ou grands: la Belgique, bateau ivre de l’Europe qui vit sans gouvernement depuis maintenant des mois, victime de problèmes historiques insolubles, l’Allemagne qui voit le suffrage universel pousser les partis politiques à cesser l’affrontement idéologique pour enfin travailler de concert, la France qui cherche dans une profonde crise identitaire de ses institutions le chemin de son passé glorieux et son rôle mondial de fil d’Ariane guidant les desseins démocratiques de millions de personnes, la Chine qui va devoir dans quelques mois maintenant présenter au monde entier sous son meilleur jour la logique honteuse qui lie l’ampleur de sa puissance économique au contrôle des libertés individuelles et collectives de sa population, la Russie qui fait ressurgir de son terrible passé les fantômes du totalitarisme et de la répression des peuples. Les Etats-Unis d’Amérique, enfin, jeune nation à la domination sans partage et à l’ambition carnivore, qui porte en son sein les cellules cancéreuses d’un monde qui, globalisé et mondialisé à force de trop d’argent virtuel sans projet humaniste, sent pointer la menace d’une apocalypse irresponsable et dénuée de sens.

Récemment, j’ai vu deux reportages sidérants, de ceux qui vous révèlent que le scandaleux n’est en fait que la face judiciaire et médiatique de l’horreur. La remise en cause du 11 septembre par Marion Cotillard, titi parisienne sublimement grimée et fraichement oscarisée, a créé un malaise profond. Non parce qu’il est intolérable de remettre en cause l’évidence, mais bien parce que le rôle de la puissance médiatique de masse symbolisée par la télévision est de permettre sans contradiction possible l’amnésie collective et le recueillement patriotique. La rappeler à ses erreurs et ses mensonges a toujours été problématique tant il est vrai que la nécessité de sa remise en cause parait futile face aux moyens et possibilités d’écho et de retentissement offertes à toute personne poussant l’investigation au delà de ce qui est toléré sur les grands canaux de diffusion internationaux.
La montée en puissance irréversible du web semble avoir changé tout celà. Alerté par Marion Cotillard, j’ai décidé de visionner Loose Changes, reportage-phare de la remise en cause de la version officielle du 9/11, retrouvé grace aux vidéos mises en libre service sur internet, relayé par les opérateurs web tel que Free; ce film choc relance un débat épineux et terrifiant qui n’a en fait jamais été vraiment ouvert. La destructuration du politque à des fins économiques et individuelles y apparait sous une forme horrifique et incroyable, au sens propre du terme. Mais les faits sont là et méritent discussion, débat public. A l’heure où les seules organisations politiques structurées parvenant à fédérer des populations hétéroclites et déboussolées sont les religions et les sectes, les organisations politiques laïques démocratiques, qui se doivent pourtant de prôner prioritairement l’intérêt général, laissent les appétits et les logiques financières jeter sur leurs Constitutions un voile opaque, un trou noir glouton, laissant les peuples face à l’abandon de l’universel.

Le monde selon Monsanto, remarquable enquête de Marie-Monique Robin sur le manufacturier chimique américain, sorte de gigantesque et surpuissant apprenti sorcier généticien, va dans le même sens d’un contournement des sphères médiatiques de masse pour faire apparaître au grand jour les horreurs teintées de scandale, et non l’inverse, que les systèmes politiques américain et mondial laissent perdurer. Le point le plus intéressant de cette enquête est qu’elle est l’aboutissement de recherches effectuées à l’origine sur Internet, gigantesques puzzle composé de pièces faites d’articles et de vidéos créés par des journalistes à l’éthique et aux moyens limités par la pression professionnelle. Rôle intéressant des journalistes qui ne sont plus les accusateurs de passé, les parties civiles protecteurs du collectif, mais qui deviennent peu à peu des témoins de leur temps, des témoins de l’horreur contemporaine vers lesquels les nouveaux guides, les nouveaux prêcheurs, peuvent se tourner pour tenter de réécrire l’histoire et de redonner à chacun les moyens de la compréhension, de l’analyse et de l’action.

Le peuple du web parviendra-t-il au sein de son nouveau monde virtuel à s’unir contre l’individualisme forcé et colonisateur? Rien n’est moins sûr puisqu’à l’heure où je tape ces lignes, je suis bien seul face à l’écran. Mais l’espoir est là, immense et incertain. Il ne reste plus qu’à vivre, agir et changer. Ce post est une pierre de plus, un témoignage à apporter à l’édifice gigantesque du dynamisme libertaire des mondes virtuels. Puisse cette tour de Babel se constuire jusqu’aux cieux de la paix.

Bonne nuit,

Greg

Les empecheurs

•2008, 26 février • Laisser un commentaire

On nous a toujours empêcher de faire pas mal de choses. D’ailleurs, on continue petit à petit à priver le peuple de libertés fondamentales en prenant pour prétexte les agissements hors-la-loi de minorités souvent laissées pour compte de la société: pauvres, perdus, isolés, affamés, exclus. Au départ de ces faits divers qui font la brûlante actualité juridique de ces temps derniers, où les citoyens emprisonnés peuvent voir prolonger leur enfermement sur leur seul profil, assuré qu’est l’Etat, leur responsable légal et médical, que la nuit des prisons ne pourra jamais leur permettre de revoir un jour la lumière de la rédemption, il y a des situations sociales, familiales, économiques toujours catastrophiques, où les limites du respect de soi, de l’autre, des autres, volent en éclats, le bonheur étouffé, les vices collés à la peau, la masse silencieuse des autruis qui vous repousse et vous ignore jusqu’à l’oubli.

Au-dessus de ces tristes sirs trônent les empêcheurs, les âmes conscientes ou inconscientes qui, par peur du désœuvrement ou de la mort, nous freinent, nous stoppent, nous manipulent, nous dirigent, pour finir par nous juger. A tous ceux-là, ces quelques vers sont dédiés. D’ici l’été, je vous promets des notes tremblantes sur les mots assénés.

Au creux des rêves ou de nos peurs,

Ils naissent là sans Dieu, ni maître

Suivant les rives des malheurs,

Redirigeant la marche des êtres

Vers les modèles de l’inconscient,

Machine folle des images,

La foule intime des sentiments

Faisant la pluie ou le bonheur…

Les empêcheurs.

Des empêcheurs de mourir,

Délivrer des doses létales,

De soins habiles font des détours

Par les prisons de l’hôpital.

Des empêcheurs du bon sens,

Des empêcheurs sans terre ni ciel,

Des fous pilotes d’ambulance,

Qui nous conduisent à l’immortel.

Au creux des rêves du grand jour,

Ils laissent nos âmes à leurs idées,

Pour seule issue de secours

Le ciel des toiles animées.

Des empêcheurs de voir le monde,

Des empêcheurs de faire des rondes,

Et des pecheurs qui prient l’oubli

Pour le salut de leur amis,

Les empêcheurs….

Des empêcheurs de se nourrir,

De recracher les OGM,

De empêcheurs de se maudir,

De repentir nos malaises.

Et ces prêcheurs, ces visionnaires,

Alertes humaines,mes frères, mes soeurs !

Seront les cordes des missionnaires

Qui lient entre eux les peuples rageurs…

Des empêcheurs…

Pensée Nocturne, la nuit au post

•2008, 24 février • Laisser un commentaire

Première visite ?

Les articles ci-dessous sont des pensées nocturnes, des moments de lucidité aux heures qui s’allongent, aux moments immobiles où la couleur de la terre et du ciel se rejoignent enfin, où la solitude nous ramène à l’essentiel.

Bien sûr, vous êtes les bienvenus, mes hôtes particuliers; je vous retrouverai sûrement bientôt.

Greg

Mars 2008 _Politique à venir

•2008, 24 février • Laisser un commentaire

9 et 16 mars 2008,

deux dates, deux élections, deux nouvelles occasions pour l’électorat français (et européens résidant en France) de souffler le chaud et le froid sur la marmite déjà indigeste de notre politique.

Petit jeu d’anticipation: que va-t-til se passer et pourquoi? Férus de jeux d’argent en tous genres, petits et gros lotos, symboles de notre société où l’enjeu est de prendre un peu à tous pour donner à un, les français doivent bien savoir ce qui les attendent. Deux dates, deux tirages. Et il y a gros à gagner: une instabilité chronique du pays jusqu’aux prochaines présidentielles de 2012. Coincés, contrariés, nous autres français n’espérons plus grand-chose de la politique, attendant sans le penser et sans le dire une évolution démocratique, une nouvelle République, à l’heure où nos institutions volent en éclats aux rythmes des rafales du calendrier électoral, de la construction européenne imposée et de la rupture quasi-définitive d’un président hors-normes, figure vivante du fin de règne de la Vème République.

Deux élections donc, pour un peu mieux enterrer notre pays dans le terreau des illusions perdues. A quand la lumière ? Petit flash-back.

Qui gouverne le pays ? Après 5 années de mandature faussée par le Front National, la nouvelle Présidence et son gouvernement sont en passe de parachever le chef d’oeuvre commencé sous M. Chirac. Le tout à l’aide d’électeurs ne sachant plus que faire de leur bulletin de vote Au soir du 16 mars, la situation sera, sinon inédite, révélatrice d’un malaise profond.

Voyez le tableau: Après avoir élu un président à plus de 80% et un autre à plus de 53%, avoir donné à ces deux hommes un Parlement aux ordres sans contradictions possibles, soit une force de frappe exécutive de grande ampleur, les français sont sur le point donner les commandes des grandes et moyennes villes, ainsi que les Conseils généraux à une gauche toujours en errance et en éternelle reconstruction. Ce, après avoir fait passer 21 Conseils régionaux sur 22 (!) il y a peu. Au delà de sa perte continue de pouvoir au détriment d’une union européenne à propos de laquelle les français n’ont plus le droit de donner leur avis, l’exécutif et le législatif national voient grandir dans leurs propres territoires une opposition farouche à leurs réformes structurelles. “Ensemble, tout devient possible” disait notre Président au printemps 2007. Celui de 2008 est sûr le point de renvoyer à sa seule égocentricité le petit homme de Neuilly, lâché par le peuple et ses bonnes intentions.

Les deux scrutins à venir sont donc bien plus décisifs qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas que d’enjeux locaux. Les forces de résistance en oeuvre dans les communes, les communautés de communes, les communautés d’agglomération (toutes dépendantes de ce qui est aujourd’hui réduit à des “enjeux locaux”), les conseils généraux et régionaux donnent à l’Etat et ses valets locaux, préfectures et autres services déconcentrés, un fil à retordre qui n’est pas loin du fil du rasoir. Aux urnes citoyens ! Au travail, néo-républicains !

Redisons le encore une fois à sa place: M. Sarkozy sera la président de la rupture. Avouons qu’il n’est pas si loin de tenir parole. La République y resistera-t-elle ? Rien n’est moins sûr. Mais dans une France où seul le talent d’un Miterrand a réussi à la retourner, la Droite a encore de vieux jours devant elle. Au final, ces élections seront une nouvelle occasion de déstabilisation du pouvoir pour les électeurs. Prions pour qu’en coulisses, l’extreme gauche et la gauche arrivent à structurer une nouvelle donne politique pour que l’on puisse abandonner l’instabilité pour l’alternance.

Greg

Ouverture des pensées….

•2008, 20 février • Laisser un commentaire