Mars 2008 _Politique à venir
9 et 16 mars 2008,
deux dates, deux élections, deux nouvelles occasions pour l’électorat français (et européens résidant en France) de souffler le chaud et le froid sur la marmite déjà indigeste de notre politique.
Petit jeu d’anticipation: que va-t-til se passer et pourquoi? Férus de jeux d’argent en tous genres, petits et gros lotos, symboles de notre société où l’enjeu est de prendre un peu à tous pour donner à un, les français doivent bien savoir ce qui les attendent. Deux dates, deux tirages. Et il y a gros à gagner: une instabilité chronique du pays jusqu’aux prochaines présidentielles de 2012. Coincés, contrariés, nous autres français n’espérons plus grand-chose de la politique, attendant sans le penser et sans le dire une évolution démocratique, une nouvelle République, à l’heure où nos institutions volent en éclats aux rythmes des rafales du calendrier électoral, de la construction européenne imposée et de la rupture quasi-définitive d’un président hors-normes, figure vivante du fin de règne de la Vème République.
Deux élections donc, pour un peu mieux enterrer notre pays dans le terreau des illusions perdues. A quand la lumière ? Petit flash-back.
Qui gouverne le pays ? Après 5 années de mandature faussée par le Front National, la nouvelle Présidence et son gouvernement sont en passe de parachever le chef d’oeuvre commencé sous M. Chirac. Le tout à l’aide d’électeurs ne sachant plus que faire de leur bulletin de vote Au soir du 16 mars, la situation sera, sinon inédite, révélatrice d’un malaise profond.
Voyez le tableau: Après avoir élu un président à plus de 80% et un autre à plus de 53%, avoir donné à ces deux hommes un Parlement aux ordres sans contradictions possibles, soit une force de frappe exécutive de grande ampleur, les français sont sur le point donner les commandes des grandes et moyennes villes, ainsi que les Conseils généraux à une gauche toujours en errance et en éternelle reconstruction. Ce, après avoir fait passer 21 Conseils régionaux sur 22 (!) il y a peu. Au delà de sa perte continue de pouvoir au détriment d’une union européenne à propos de laquelle les français n’ont plus le droit de donner leur avis, l’exécutif et le législatif national voient grandir dans leurs propres territoires une opposition farouche à leurs réformes structurelles. “Ensemble, tout devient possible” disait notre Président au printemps 2007. Celui de 2008 est sûr le point de renvoyer à sa seule égocentricité le petit homme de Neuilly, lâché par le peuple et ses bonnes intentions.
Les deux scrutins à venir sont donc bien plus décisifs qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas que d’enjeux locaux. Les forces de résistance en oeuvre dans les communes, les communautés de communes, les communautés d’agglomération (toutes dépendantes de ce qui est aujourd’hui réduit à des “enjeux locaux”), les conseils généraux et régionaux donnent à l’Etat et ses valets locaux, préfectures et autres services déconcentrés, un fil à retordre qui n’est pas loin du fil du rasoir. Aux urnes citoyens ! Au travail, néo-républicains !
Redisons le encore une fois à sa place: M. Sarkozy sera la président de la rupture. Avouons qu’il n’est pas si loin de tenir parole. La République y resistera-t-elle ? Rien n’est moins sûr. Mais dans une France où seul le talent d’un Miterrand a réussi à la retourner, la Droite a encore de vieux jours devant elle. Au final, ces élections seront une nouvelle occasion de déstabilisation du pouvoir pour les électeurs. Prions pour qu’en coulisses, l’extreme gauche et la gauche arrivent à structurer une nouvelle donne politique pour que l’on puisse abandonner l’instabilité pour l’alternance.
Greg

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