Prospective politique_La voie/voix de l’internet
En quête d’éthique, la communauté internationale voit les grandes tromperies de l’histoire dépasser tous les moyens de surveillance, de contrôle et de régulation qu’elle arrive politiquement et collectivement à mettre en place. Que l’on se trompe pas sur les intentions. Il est indéniable que certaines erreurs du passé, ces immenses guerres armées issues de volonté totalitaire hyperpuissante, sont aujourd’hui circonscrites dans le cercle flou dessiné à la fois par la diplomatie internationale, la puissance nucléaire et financière, et le lobbying économique. Le grand défi du XXIème siècle reste pourtant et indéniablement dans la recherche et l’organisation collectives de nouvelles visions politiques, cheminements intellectuels et culturels qui permettent de s’insérer dans un processus démocratique humaniste à la recherche systématique de l’intérêt collectif.
Car la politique d’une grande partie des pays de notre monde traverse aujourd’hui des perturbations destructurantes qui remettent toujours plus en cause l’ensemble des schémas depuis longtemps établis et sur lesquels les nations ont fondé leur développement et leur domination. Les exemples sont multiples, petits ou grands: la Belgique, bateau ivre de l’Europe qui vit sans gouvernement depuis maintenant des mois, victime de problèmes historiques insolubles, l’Allemagne qui voit le suffrage universel pousser les partis politiques à cesser l’affrontement idéologique pour enfin travailler de concert, la France qui cherche dans une profonde crise identitaire de ses institutions le chemin de son passé glorieux et son rôle mondial de fil d’Ariane guidant les desseins démocratiques de millions de personnes, la Chine qui va devoir dans quelques mois maintenant présenter au monde entier sous son meilleur jour la logique honteuse qui lie l’ampleur de sa puissance économique au contrôle des libertés individuelles et collectives de sa population, la Russie qui fait ressurgir de son terrible passé les fantômes du totalitarisme et de la répression des peuples. Les Etats-Unis d’Amérique, enfin, jeune nation à la domination sans partage et à l’ambition carnivore, qui porte en son sein les cellules cancéreuses d’un monde qui, globalisé et mondialisé à force de trop d’argent virtuel sans projet humaniste, sent pointer la menace d’une apocalypse irresponsable et dénuée de sens.
Récemment, j’ai vu deux reportages sidérants, de ceux qui vous révèlent que le scandaleux n’est en fait que la face judiciaire et médiatique de l’horreur. La remise en cause du 11 septembre par Marion Cotillard, titi parisienne sublimement grimée et fraichement oscarisée, a créé un malaise profond. Non parce qu’il est intolérable de remettre en cause l’évidence, mais bien parce que le rôle de la puissance médiatique de masse symbolisée par la télévision est de permettre sans contradiction possible l’amnésie collective et le recueillement patriotique. La rappeler à ses erreurs et ses mensonges a toujours été problématique tant il est vrai que la nécessité de sa remise en cause parait futile face aux moyens et possibilités d’écho et de retentissement offertes à toute personne poussant l’investigation au delà de ce qui est toléré sur les grands canaux de diffusion internationaux.
La montée en puissance irréversible du web semble avoir changé tout celà. Alerté par Marion Cotillard, j’ai décidé de visionner Loose Changes, reportage-phare de la remise en cause de la version officielle du 9/11, retrouvé grace aux vidéos mises en libre service sur internet, relayé par les opérateurs web tel que Free; ce film choc relance un débat épineux et terrifiant qui n’a en fait jamais été vraiment ouvert. La destructuration du politque à des fins économiques et individuelles y apparait sous une forme horrifique et incroyable, au sens propre du terme. Mais les faits sont là et méritent discussion, débat public. A l’heure où les seules organisations politiques structurées parvenant à fédérer des populations hétéroclites et déboussolées sont les religions et les sectes, les organisations politiques laïques démocratiques, qui se doivent pourtant de prôner prioritairement l’intérêt général, laissent les appétits et les logiques financières jeter sur leurs Constitutions un voile opaque, un trou noir glouton, laissant les peuples face à l’abandon de l’universel.
Le monde selon Monsanto, remarquable enquête de Marie-Monique Robin sur le manufacturier chimique américain, sorte de gigantesque et surpuissant apprenti sorcier généticien, va dans le même sens d’un contournement des sphères médiatiques de masse pour faire apparaître au grand jour les horreurs teintées de scandale, et non l’inverse, que les systèmes politiques américain et mondial laissent perdurer. Le point le plus intéressant de cette enquête est qu’elle est l’aboutissement de recherches effectuées à l’origine sur Internet, gigantesques puzzle composé de pièces faites d’articles et de vidéos créés par des journalistes à l’éthique et aux moyens limités par la pression professionnelle. Rôle intéressant des journalistes qui ne sont plus les accusateurs de passé, les parties civiles protecteurs du collectif, mais qui deviennent peu à peu des témoins de leur temps, des témoins de l’horreur contemporaine vers lesquels les nouveaux guides, les nouveaux prêcheurs, peuvent se tourner pour tenter de réécrire l’histoire et de redonner à chacun les moyens de la compréhension, de l’analyse et de l’action.
Le peuple du web parviendra-t-il au sein de son nouveau monde virtuel à s’unir contre l’individualisme forcé et colonisateur? Rien n’est moins sûr puisqu’à l’heure où je tape ces lignes, je suis bien seul face à l’écran. Mais l’espoir est là, immense et incertain. Il ne reste plus qu’à vivre, agir et changer. Ce post est une pierre de plus, un témoignage à apporter à l’édifice gigantesque du dynamisme libertaire des mondes virtuels. Puisse cette tour de Babel se constuire jusqu’aux cieux de la paix.
Bonne nuit,
Greg

J’ai vu ce docu sur Monsanto et il est édifiant. L’appropriation des “possibles” combinaisons d’acides aminées A, C, T, N qui forme l’ADN, voilà une bonne cause de raliement pour ce que tu appelles le peuple d’Internet.
A un niveau plus général mais qui rejoint le premier documentaire dont tu parles, j’ai vu un truc qui s’appellait “The corporation” ou “The Company”. Je ne le retrouve pas sur IMDB mais c’était un titre comme ça. Là, il s’agit de la psychanalyse scolaire d’une entreprise au sens général, une “personne morale”. Et la conclusion est que la logique de marché mène des groupes de personnes unies en “sociétés”, a agir au nom de cette entité morale, à la façon de psychopathes (par exemple, en empoissonants les gens, sous le coup d’une pulsion élémentaire : le bénéfice des actionnaires). C’est hyper intéressant comme travail, même si on peut reprocher le côté partiale d’un docu à la Mickael Moore.
Je vais de ce pas m’inscrire au groupe “Millions Against Monsanto” sur Facebook. Tiens, voilà une bonne caisse de raisonnance : Facebook! D’ailleurs tu peux voir que les pro et les anti Monsanto ont leurs groupes
Choisi ton camps camarade!